jeudi 1 août 2019

Paysage mélancolique

Une belle lumière de soir, limpide après la pluie illumine les éoliennes qui tournent avec la grâce de danseurs. Le paysage change à une grande vitesse. Je vois tantôt les champs, tantôt les forêts, tantôt les routes interminables défiler à ma fenêtre. Au loin, derrière les champs réguliers un château d’eau éclatant de blancheur s’érige dans le paysage… 

Les chevaux paissent avec sérénité. Le soleil s’approche de l’horizon, les arbustes étirent avec fierté leur ombre. Le monde baigne en ce moment dans une mélancolie douce. La douceur est dans le mouvement des branches secouées par le vent, dans les remous de la petite rivière. La mélancolie, elle, est par contre dans la lumière agonisante. Loin dans le ciel de gros nuages bien gris survolent le paysage avec majesté. Ils se tiennent respectueusement à distance du soleil qui envoie maintenant ses derniers rayons chevauchés de tristesse sur le clocher d’une église, sur les toits des maisons tout autour. 

J’ai l’impression d’être dans une photographie mouvante. Le temps s’est arrêté mais pas le mouvement. J’avance, assis dans mon train, dans cette photographie vivante. Mon cœur s’explose, part en miette devant autant de beauté triste. Mes yeux baignent dans un monde infini de couleurs, une myriade de verts, de bleus…

Et voilà qu’un tunnel noir met fin à tout ce rêve !

Train (Caen-Paris) 13 mai 2007 21h00

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