mardi 20 février 2018

La Mi


En ce moment
Pas d’amour, pas de haine,
L’univers s’emplit
D’une seule couleur
Pas de joie
Pas de chagrin
Ma peau ne contient
Plus aucun organe
Je ne sens ni le chaud
Ni le froid
Mes yeux ne voient que
La couleur de l’univers
Je n’entends plus
Qu’une seule  note d’un violon
Ma peau n’a rien à toucher
Dans ma bouche
Le gout amer
J’imagine mon cœur
Qui est broyé
Qui éclate en mille morceaux
Tous brulés noirs
La nostalgie envahit
L’univers entier
Elle repeint tout en gris
La seule couleur visible
Je n’aime plus
Je ne haïs plus
Je ne ris plus
Je ne pleure plus
Je n’espère plus
En ce moment
La nostalgie est ma maitresse
Dedans et dehors
C’est elle qui règne
Vivre ou mourir
En ce moment
N’ont aucun sens
Tout est gris
La seule note est la « Mi »
La langue n’existe
Que pour ce gout amer
De l’univers
En ce moment
Je ne suis plus
En ce moment
Je n’existe que
Dans le passé
Un laps de temps qui s’étire à l’infini
Du passé lointain à maintenant
Il court derrière le présent
Sans jamais l’atteindre
La nostalgie est une peau infinie
Qui couvre tous les passés
Infime membrane
Infiniment grande
Infranchissable barrière
Entre l’instant d’avant
Et maintenant
Entre l’instant d’avant
Et maintenant
Je flotte dans ce gris
Dans cette mi
Dans cette amertume
Immatérielle
Sans souffle, sans frisson
Sans vie et pourtant vivant
Ni mort ni vivant
Un mort vivant
Maintenant est si proche
Et si inaccessible

Je ne pense plus
Je n’ai plus aucune
De mes images passées
Pas de figures d’espoir du futur
Pas de haine, pas d’amour
La nostalgie me possède
Complètement
Elle me balance, me jette
Dans le plus dense du gris
Dans le plus strident de la « Mi »
Dans le plus vide des vides
Elle me caresse
Elle me serre
Elle me relâche
Elle me remplit
Je ne sais plus qui je suis
Je ne sais plus si j’existe
Ni si je suis mort
Ni si j’ai jamais existé
Je ne sais si la vie existe
Je ne sais si la mort existe
En ce moment
Je ne suis pas dans ce moment
En ce moment
Ma peau ne contient que
La nostalgie
Et ce corps flotte
Quelque part
Dans l’univers
De la nostalgie
Et soudain
Une toute petite larme
Perle
Déborde
Déchire l’infime membrane
Entre avant et maintenant.

Paris, le 01/08/2015

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire