En ce moment
Pas d’amour,
pas de haine,
L’univers
s’emplit
D’une seule
couleur
Pas de joie
Pas de
chagrin
Ma peau ne
contient
Plus aucun
organe
Je ne sens
ni le chaud
Ni le froid
Mes yeux ne
voient que
La couleur
de l’univers
Je n’entends
plus
Qu’une
seule note d’un violon
Ma peau n’a
rien à toucher
Dans ma
bouche
Le gout amer
J’imagine
mon cœur
Qui est
broyé
Qui éclate
en mille morceaux
Tous brulés
noirs
La nostalgie
envahit
L’univers
entier
Elle repeint
tout en gris
La seule
couleur visible
Je n’aime
plus
Je ne haïs
plus
Je ne ris
plus
Je ne pleure
plus
Je n’espère
plus
En ce moment
La nostalgie
est ma maitresse
Dedans et
dehors
C’est elle
qui règne
Vivre ou
mourir
En ce moment
N’ont aucun
sens
Tout est
gris
La seule
note est la « Mi »
La langue
n’existe
Que pour ce
gout amer
De l’univers
En ce moment
Je ne suis
plus
En ce moment
Je n’existe
que
Dans le
passé
Un laps de
temps qui s’étire à l’infini
Du passé
lointain à maintenant
Il court
derrière le présent
Sans jamais
l’atteindre
La nostalgie
est une peau infinie
Qui couvre
tous les passés
Infime
membrane
Infiniment
grande
Infranchissable
barrière
Entre
l’instant d’avant
Et
maintenant
Entre
l’instant d’avant
Et
maintenant
Je flotte
dans ce gris
Dans cette
mi
Dans cette
amertume
Immatérielle
Sans
souffle, sans frisson
Sans vie et
pourtant vivant
Ni mort ni
vivant
Un mort
vivant
Maintenant
est si proche
Et si
inaccessible
Je ne pense
plus
Je n’ai plus
aucune
De mes
images passées
Pas de
figures d’espoir du futur
Pas de
haine, pas d’amour
La nostalgie
me possède
Complètement
Elle me
balance, me jette
Dans le plus
dense du gris
Dans le plus
strident de la « Mi »
Dans le plus
vide des vides
Elle me
caresse
Elle me
serre
Elle me
relâche
Elle me
remplit
Je ne sais
plus qui je suis
Je ne sais
plus si j’existe
Ni si je
suis mort
Ni si j’ai
jamais existé
Je ne sais
si la vie existe
Je ne sais
si la mort existe
En ce moment
Je ne suis
pas dans ce moment
En ce moment
Ma peau ne
contient que
La nostalgie
Et ce corps
flotte
Quelque part
Dans
l’univers
De la
nostalgie
Et soudain
Une toute
petite larme
Perle
Déborde
Déchire
l’infime membrane
Entre avant
et maintenant.
Paris, le 01/08/2015